Cent des plus belles légendes francophones et amérindiennes présentées au Musée de Pointe-à-Callière


Le Musée Pointe-à-Callière d’archéologie et d’histoire de Montréal présente, du 9 février au 16 mai 2010, cent des plus belles légendes francophones et amérindiennes qui ont circulé de bouche à oreille en Amérique du Nord.

Ces légendes, des récits ancrés dans le quotidien des communautés, mais teintées par l’imaginaire, recueillies par le professeur, chercheur, ethnologue et artiste, Jean-Claude Dupont, sont mises en valeur de plusieurs façons : elles sont illustrées par des peintures d’expression naïve de celui-là même qui les a recueillies; elles sont racontées par des enregistrements de personnes qui les gardent en mémoire; elles sont mises en contexte par plusieurs objets de la culture matérielle et, bien évidemment, par un montage des plus soignés, qui nous captive.

Les légendes présentées tout au long de l’exposition révèlent beaucoup de l’héritage apporté de la vieille France par nos ancêtres, des difficultés de la traversée de l’océan, des activités exigeantes exercées sur le nouveau continent, pêche, traite des fourrures, coupe du bois, etc. Telle la légende de la chasse-galerie, au point de départ une formation de jeunes gens en fête se déplaçant dans le firmament, devenue, dans le contexte de la vie isolée dans les chantiers, une équipe de bûcherons volant dans le ciel en canot d’écorce amérindien pour se rendre auprès de leur belle.

Ou bien encore les légendes ayant trait à ces hommes plus grands que nature, endurcis à son contact, qui abattent un travail de géant dans les chantiers, combattent entre eux pour le titre de « coq du village », ou qui n’hésitent pas à affronter un adversaire redoutable, même en territoire américain.

La religion, le bien et le mal comptent parmi les thèmes abondamment exploités. Nulle surprise que le curé du village joue un rôle important, doté qu’il est de pouvoirs magico-religieux pour faire venir la pluie, conjurer un fléau ou bien encore donner un caractère solennel à une activité, par exemple en bénissant une érablière au temps des sucres.

De même, les méchants autant que les bons font partie du quotidien de nos ancêtres pour les surprendre et leur faire peur. Ces êtres malveillants et maléfiques, qui importunent à l’occasion, sont de plusieurs types : le diable qui fréquente ceux qui vivent en marge de la religion et de la société, le loup-garou, un humain transformé en animal circulant à la noirceur, le feu-follet, petites flammes exprimant une âme en peine en mal de quitter le purgatoire de même que le revenant et le fantôme se manifestant pour rappeler une obligation religieuse.

Visiter l’exposition, c’est aussi retracer l’œuvre ethnographique et artistique de Jean-Claude Dupont dont la contribution exceptionnelle a été reconnue en 1998 par l’attribution du Prix du Québec Gérard-Morisset .

L’ethnologue et artiste n’a pas seulement enquêté sur le terrain, recueilli et analysé avec un esprit aiguisé le patrimoine oral francophone et amérindien de l’Amérique du Nord. Il s’est aussi préoccupé de conservation, les légendes qu’il a recueillies comptant parmi les riches collections des Archives de folklore et d’ethnologie de l’Université Laval .

Animé par la conviction que la lumière ne doit pas rester sous le boisseau, il s’est aussi donné entièrement à la diffusion. Il a à son crédit un nombre impressionnant de publications d’ouvrages spécialisés et de recueils et il a contribué à plusieurs expositions, en particulier par sa collection de peintures d’expression naïve composée de près de 400 toiles et tableaux qu’il a préparés pour illustrer les légendes.

Le visiteur trouvera sur le site Web des Éditions GID deux de ses dernières publications en lien avec la présente exposition : Légendes du Québec : un héritage culturel, 2008, 252 p.; Mythes et légendes des Amérindiens, 2010, 160 p.

La Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs s’associe à la présente exposition. La Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs est fière de s’associer à la présente exposition. Jean-Claude Dupont est un passeur de mémoire, de la mémoire franco-québécoise en particulier.

C’est la deuxième fois qu’elle le reconnaît publiquement, ayant déjà apporté son soutien à la publication par l’auteur en 2008 de deux fascicules : Légendes de l’Amérique française et Légendes des ancêtres québécois.

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